AVANT-GOÛT |
Il suffirait d’un vieux rocking-chair, installé sur le perron de la maison en bois de Ferréol Babin, à Maisdon-sur-Sèvre, en Loire-Atlantique, pour s’imaginer sur la Côte est américaine, en Nouvelle-Angleterre, par exemple. Le bardage de bois sombre patiné par les saisons, la baie vitrée grande ouverte sur le printemps et, à l’intérieur, ses rudimentaires buffets de bois blond sculpté, et peints de paysages naïfs et de morceaux de ciel bleu, tout raconte l’univers de ce designer français de 39 ans prisé des collectionneurs. Cette maison-atelier, explique le journaliste Mikael Zikos, qui signe ce reportage chez cet esthète discret, emprunte autant au Japon qu’au style des shakers, ces membres d’une secte protestante américaine du XVIIIᵉ siècle dont les meubles fonctionnels et sans fioritures ont littéralement façonné le design moderne. L’omniprésence du bois, le minimalisme, donc, mais aussi le fait main, définissent son travail et une carrière bâtie « loin des influences ». Que ce soit cette bâtisse, que Ferréol Babin a construite 2017, un peu par défi, en autodidacte et en parfait maker – « ce mouvement du faire soi-même qui s’enracine dans la vieille tradition d’autonomie américaine et revendique une liberté d’accès à l’objet », rappelait la sociologue Isabelle Berrebi-Hoffmann en 2019 –, ou des cuillères, comme celles qu’il s’est amusé à sculpter dans un morceau de bois, le dimanche. Le designer est devenu artisan, petit à petit. Un tour de force tranquille qui a amorcé un tournant dans sa carrière. En 2025, les drôles de cuillères ont rejoint les 150 meubles et accessoires ménagers de l’exposition « The Shakers : A World in the Making » au Vitra Design Museum de Weil-am-Rhein, en Allemagne. Elles n’y ont pas dépareillé. Même savoir-faire riche et humble à la fois, même simplicité radicale et cette sensibilité, plus sensuelle que rigoriste chez le créateur, qui affleure sous la matière brute. Comme un retour aux sources du design. |
|
 |
GOÛT DE CŒUR |  | Tristan Vergnault pour M Le magazine du Monde
| Ferréol Babin, designer des bois : « La cuillère sculptée du dimanche est devenue celle du lundi, puis du mercredi… Tous les jours, j’avais envie d’en faire une » Mikael Zikos Article réservé aux abonnés
PORTRAIT|Le designer s’est éloigné de l’industrie pour devenir artisan, en autodidacte, dans la maison-atelier qu’il a construite de ses mains en Loire-Atlantique. Il sculpte des pièces uniques en bois naturel ou teintées à l’encre de Chine. Son travail à la fois brutaliste et poétique est célébré jusqu’aux Etats-Unis et exposé ce printemps à Paris. Ferréol Babin porte bien son prénom. D’origine latine, ferreolus, diminutif de ferreus, signifiant « de fer » ou « dur comme le fer », évoque la force de caractère. Représenté par de grands éditeurs dans les années 2010 – et dernièrement par Cassina pour les lampes géométriques Polyshape –, ce designer de 39 ans se forge à présent une carrière d’artisan. Terminé les pièces d’allure postindustrielle en métal, verre et acryliques iridescents qui l’ont fait connaître, l’homme se voue désormais au mobilier en bois sculpté. | Lire la suite  |
|
|
C’EST TENDANCE !  EST-CE BIEN RAISONNABLE ? Est-ce bien raisonnable de… porter des chaussures trop grandes ? Lire l’article  |
|
|
LE PODCAST DE LA SEMAINE | PODCAST | LE GOÛT DE M | Michel Bras, chef : « Je me lève tous les jours à 6 heures pour écouter mes abeilles, observer les papillons et commencer la cueillette » | Le fondateur du restaurant Le Suquet, dans l’Aubrac, officie également à la Halle aux grains, à Paris, avec son fils, Sébastien. Ce pionnier de la cuisine végétale est l’invité du « Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes. |  | | LE GOÛT DE M Michel Bras, chef : « Je me lève tous les jours à 6 heures pour écouter mes abeilles, observer les papillons et commencer la cueillette » 17 avril 2026 Écouter l'épisode |
| | | En 2016, 528 chefs étoilés du monde entier ont élu Michel Bras meilleur chef du monde. Cette légende, autodidacte, de la gastronomie est l’un des premiers à avoir déconstruit les normes de la cuisine française en en proposant une version vivante, résolument tournée vers la nature et le végétal. Le septuagénaire s’est rendu célèbre grâce à l’un de ses plats phares, le gargouillou, une composition de légumes de saison, d’herbes et de pousses. Il s’est aussi illustré avec son coulant au chocolat, un dessert réconfortant imaginé un hiver, autour d’une table, pour ses enfants transis de froid après une excursion à ski. | Retrouver tous les épisodes  |
|
AILLEURS SI J’Y SUIS |  | Julie Charbonnier pour « Le Monde »
| Au fil de la Saône, une vallée des merveilles lyonnaises Olivier Razemon Article réservé aux abonnés
REPORTAGE|Elle est l’un des deux « fleuves » de Lyon, au même titre que le Rhône. En partant de la confluence, et jusque dans les monts d’Or, remontée d’un cours d’eau surprenant. | Lire la suite  |
|
|
Vos retours nous intéressent Partagez votre avis sur cette newsletter avec la rédaction du Monde |
HISTOIRES DE GOÛT  DESIGNERS & ARTISANS L’appel de la terre d’Alice Trescarte, céramiste à MontreuilPortraits d’artisans d’art franciliens (2/4). Au sein d’un atelier partagé, cette Lozérienne d’origine travaille le grès à la manière d’une sculptrice. Des modes de cuisson complexes donnent à ses créations un singulier aspect minéral. Lire la suite  |
 GASTRONOMIE Le lagana, un pain grec rituel devenu gourmandise« Pains d’ailleurs » (2/5). Dans sa miniboutique de la rue des Martyrs, à Paris, Dimitri Alexopoulos détourne le traditionnel pain azyme de la Pâque orthodoxe, en le garnissant de moussaka maison. Lire la suite  |
 CRÉATEURS & ARTISANS DE LA MODE Dans sa boutique milanaise, le directeur de création de la maison de couture Tivioli fait résonner mode, design et artClemente Tivioli a refaçonné la boutique milanaise ouverte il y a trente ans par son père, Carlo, tout en préservant le lieu conçu par l’architecte Gae Aulenti dans les années 1990. Un décor tout en angles et lignes droites en osmose avec les collections actuelles. Lire la suite  |
 UNE HISTOIRE DE... « Assis sur le béton, les fesses trop maigres pour y trouver du confort, son nouveau corps osseux épuisé et ultra-nerveux posé là, sa tête dans les mains, son cœur qui bastonne dans les tempes, il sait pourtant qu’il est le seul responsable »Chaque vendredi, la romancière Aude Walker imagine une fiction à partir d’une œuvre photographique. Cette semaine, un cliché du photographe américain Alex Webb. Lire la suite  |
|
|
L’AGENDA DE LA SEMAINE  L'AGENDA CULTUREL ET ART DE VIVRE Que faire, que voir, où aller ? L’agenda culturel et lifestyle à partir du 18 avrilChaque samedi, « Le Goût du Monde » vous propose sa sélection de rendez-vous et d’adresses dans toute la France. Cette semaine, une exposition sur le designer Alexander Calder, la réouverture du MADD Bordeaux, un festival sur les cinémas d’Afrique à Sainte-Foy-lès-Lyon ou encore un nouveau bar à Paris. Lire la sélection  |
|
|
|