L’INFO DE LA SEMAINE |
Antisémitisme : la loi Yadan enterrée, le gouvernement promet un projet de loi L’examen du texte risquait d’enflammer l’Assemblée nationale. Jeudi 16 avril, la députée (apparentée Ensemble pour la République, le groupe macroniste) des Français de l’étranger Caroline Yadan a été contrainte de retirer de l’ordre du jour sa proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », dont plusieurs dispositions étaient controversées. Lire aussi : La proposition de loi Yadan sur l’antisémitisme enterrée par le gouvernement, qui promet un nouveau texte Afin de repousser au maximum l’examen du texte, qui avait pour but de dénoncer un antisémitisme camouflé derrière un antisionisme radical, ses opposants multipliaient depuis plusieurs jours les techniques d’obstruction pour ralentir les discussions dans l’hémicycle. « Il apparaît désormais clairement que le texte [de Caroline Yadan] n’aura pas le temps d’être examiné cette semaine », a communiqué le groupe Renaissance au moment du retrait. Dès le début de semaine, le gouvernement réfléchissait à une voie de sortie pour cette proposition de loi qui mettait mal à l’aise une partie du bloc central. Le MoDem avait notamment appelé officiellement à un report. La pétition « Non à la loi Yadan » sur le site de l’Assemblée nationale, ayant dépassé 700 000 signatures, n’avait fait qu’accentuer la pression sur l’exécutif, déjà victime d’une série de revers durant la semaine. Lire aussi : Loi Yadan contre l’antisémitisme : les clés pour comprendre les débats après le retrait surprise du texte Dans la foulée du retrait, le gouvernement a assuré qu’un projet de loi « transpartisan » sur la lutte contre l’antisémitisme serait présenté avant la fin de l’été. Chargée de piloter la suite, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a annoncé vendredi convier « dès le 28 avril » les présidents des groupes parlementaires « pour entendre leurs propositions », en vue de l’écriture du texte, en assurant que pour le moment il n’y avait « ni copie blanche ni déjà écrite ». |
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L’IMAGE DE LA SEMAINE |  | JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE » | Les revers s’enchaînent pour le gouvernement de Sébastien Lecornu (ici à l’Assemblée nationale, le 8 avril). Mardi 14 avril, l’amendement du gouvernement réintroduisant le dispositif des zones à faibles émissions (ZFE) a été rejeté lors du vote final du projet de loi de simplification de la vie économique. Un peu plus tôt, l’exécutif n’avait pas pressenti le tollé provoqué par la proposition de loi venue des rangs de Renaissance visant à assouplir les conditions de travail le 1er-Mai et a fini par ajourner, lundi, le vote de ce texte. Au début du mois d’avril, l’examen du projet de loi relatif à la Nouvelle-Calédonie a été annulé après l’adoption d’une motion de rejet. Enfin, à la fin de mars, au Sénat, la majorité de droite et du centre a détricoté le texte sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, empêchant une adoption rapide, souhaitée par Emmanuel Macron. Lire aussi : Le gouvernement de Sébastien Lecornu subit plusieurs revers à l’Assemblée, parfois venus de son propre camp |
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LE CHIFFRE |
62 % C’est la part des communes françaises qui pratiquent toujours une extinction totale ou partielle de leur éclairage public, selon une enquête du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. La question de l’éclairage nocturne a émergé comme un sujet clivant lors des élections municipales de mars, de nombreux candidats de droite et d’extrême droite promettant de le rétablir, au nom de la sécurité, là où des maires sortants de gauche l’avaient limité au nom de l’écologie. Lire aussi : L’extinction de l’éclairage public, un nouveau clivage politique attisé par les discours de droite et d’extrême droite |
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LA PHRASE « Nous avons vocation à rassembler la gauche du PS, les écolos et le PCF, pour nous adresser à l’ensemble de l’électorat de gauche » Bally Bagayoko, maire « insoumis » de Saint-Denis, dans une interview au « Monde », vendredi 17 avril. « Je suis favorable à ce que Jean-Luc Mélenchon soit notre candidat » pour l’élection présidentielle de 2027, annonce Bally Bagayoko, le maire (La France insoumise, LFI) de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans un entretien au Monde, vendredi 17 avril. Selon lui, « quand on se présente trois fois à une élection et que l’on progresse, c’est qu’il y a une possibilité de victoire ». Néanmoins, Jean-Luc Mélenchon et le mouvement des « insoumis » ne doivent pas être « seuls », estime l’édile, qui « pense pouvoir jouer un rôle » afin de « rassembler » la gauche autour du leader de LFI pour en finir avec les « candidatures de témoignage, ces béquilles qui ont permis à l’extrême droite de se qualifier au second tour ». « Les histoires de casting, cela peut se traiter dans l’offre politique : il faudra des personnalités suffisamment diverses et puissantes pour entourer Jean-Luc Mélenchon. J’espère que celles et ceux qui appartiennent à l’aile gauche du PS et n’adhèrent pas à la ligne d’Olivier Faure [le premier secrétaire du Parti socialiste] viendront derrière nous », ajoute Bally Bagayoko. Lire aussi l’entretien : Bally Bagayoko : en 2027, « je pense pouvoir jouer un rôle en contribuant à rassembler » la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon |
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LE DÉCRYPTAGE  DÉCRYPTAGE Le RN se projette déjà dans l’après-Marine Le Pen, un an avant la présidentielleEn attendant le jugement de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, le Rassemblement national doit préparer la campagne présidentielle de 2027 sans savoir qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella sera son candidat. Le risque : créer des clans qui évoluent en parallèle. Clément Guillou, Corentin Lesueur Lire l’article  |
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LA SEMAINE POLITIQUE  DÉCRYPTAGE L’Assemblée nationale adopte le projet de loi de « simplification » après un parcours chaotiqueAprès deux ans de débats, le texte a finalement été adopté par les députés, mardi, avec beaucoup de suspense. En cause, un article supprimant les zones à faibles émissions. Ce projet de loi illustre toutes les difficultés du Parlement à légiférer depuis 2024. Lire l’article  |
 LES FAITS Au Parti socialiste, la présidentielle exacerbe les tensions entre Olivier Faure et Boris VallaudLa stratégie pour la présidentielle de 2027, notamment le mode de désignation d’un candidat, relance la bataille entre le premier secrétaire et le chef du groupe parlementaire, qui se retrouvent samedi 11 avril aux rencontres de la « social-écologie ». Lire l’article  |
 LES FAITS Le « nouvel acte » de décentralisation n’en sera finalement pas un : ce que contient le projet de loi du gouvernement« Le Monde » s’est procuré le texte de l’exécutif « visant à renforcer l’Etat local, à articuler son action avec les collectivités et à sécuriser les décideurs publics ». Contrairement aux ambitions initiales, il ne contient aucune mesure relative à la répartition des compétences et reste centré sur le renforcement du rôle et des pouvoirs des préfets. Lire l’article  |
 DÉCRYPTAGE Le Medef se défend de tout rapprochement avec le RNL’organisation patronale doit auditionner lundi 20 avril – comme elle le fait pour les principaux leaders politiques – Jordan Bardella, lors d’un déjeuner auquel participeront les responsables de plusieurs grandes fédérations. Lire l’article  |
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L’AGENDA |
Samedi 18 avril Droite. Consultation des 76 000 adhérents du parti Les Républicains pour fixer les modalités de désignation du candidat à la présidentielle (jusqu’au 19). Lundi 20 avril Elysée. Déplacement d’Emmanuel Macron en Pologne. Mercredi 22 avril Assemblée nationale. Début de la restitution du rapport final de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public par le député (Union des droites pour la République, Hérault) Charles Alloncle (jusqu’au 24). Jeudi 23 avril Elysée. Déplacement d’Emmanuel Macron à Nicosie dans le cadre de la réunion informelle des membres du Conseil européen (jusqu’au 24). Vendredi 24 avril Elysée. Déplacement d’Emmanuel Macron à Athènes. |
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DÉBATS ET IDÉES « Vouloir devenir président de la République ne peut ni ne doit être la principale qualité d’un gouvernant » Collectif, | Un collectif d’universitaires déplore, dans une tribune au « Monde », que la scène politique, notamment lors des campagnes électorales, ressemble davantage à un « théâtre d’affirmation » où les effets d’annonce et la personnification du pouvoir l’emportent sur les débats de fond. | Lire l’article  |
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L’AUTRE SUJET DE LA SEMAINE En Hongrie, la défaite de Viktor Orban ouvre une nouvelle ère DÉCRYPTAGE|Lors d’une conférence de presse de trois heures, le vainqueur des élections, Péter Magyar, conservateur et pro-européen, a maintenu une certaine ambiguïté au sujet de l’Ukraine, mais a dessiné les contours d’un retour à l’Etat de droit. | Jean-Baptiste Chastand | Article réservé aux abonnés
|  | Péter Magyar, chef du parti Tisza, vainqueur des élections législatives, à Budapest, le 13 avril 2026. Marton Monus/REUTERS | En Hongrie, le changement d’ère après seize années de pouvoir de Viktor Orban s’est fait sentir dès le lundi 13 avril sur M1, la première chaîne de la télévision publique hongroise. Alors que Budapest était encore en train de récupérer de la longue nuit de liesse qui a marqué la large défaite du premier ministre nationaliste aux élections législatives de dimanche, le journal du matin de cette chaîne de propagande du pouvoir sortant a pris tout d’un coup un ton plus neutre pour décrire les résultats. | Lire la suite 
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