L’INFO DE LA SEMAINE |
Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, veut faire des attaques racistes qu’il subit une force Depuis son élection, au premier tour de l’élection municipale à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) le 15 mars, l’« insoumis » Bally Bagayoko n’a pas eu une minute de répit, essuyant, sur CNews et les réseaux sociaux, une déferlante d’attaques racistes. Mercredi 1er avril, celui qui demande la « fermeture » de la chaîne de Vincent Bolloré a déposé plainte pour « injures publiques en raison de l’ethnie, la nation ou la religion » et pour « diffamation ». Mais à 52 ans, le Dionysien d’origine malienne ne se montre pas surpris par cet accueil. « Je savais que cela allait arriver. “Il est Black”, on connaît les préjugés véhiculés, de “réputé” coupable », relate-t-il. Ce racisme, il a décidé d’en faire un « élément d’appui pour construire des choses ». Alors, samedi 4 avril, dans sa ville, le nouvel édile organise un rassemblement antiraciste où il espère réunir entre 5 000 et 10 000 personnes. Lire le portrait : Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, veut faire des attaques racistes à son encontre un « élément d’appui pour construire des choses » En attendant, ces attaques offrent au nouvel édile un totem d’immunité. C’est, en tout cas, le sentiment qui domine au sein de l’ancienne majorité, sanctionnée lors du scrutin, mais qui attend son heure. A peine élu, Bally Bagayoko, père de quatre enfants, a voulu marquer une rupture avec la « logique sécuritaire » de son prédécesseur, qui avait mis en place l’une des polices municipales les plus offensives de France. Dans les médias, l’« insoumis » a annoncé un « processus de désarmement » et prononcé des mots peu amènes à l’égard des agents municipaux. Lire la chronique : Municipales : entre attaques racistes et alternances sous tension, les nouveaux élus « insoumis » s’installent dans un climat électrique Face aux critiques, le nouvel édile se montre soucieux d’éteindre les procès en laxisme. « Les arrestations, il y en aura, des affaires, il y en aura », avertit-il. Sa nouvelle « doctrine » ? Restaurer « l’image de ce service public », entachée, selon lui, par des « pratiques inacceptables », et mieux redéfinir les missions entre la police municipale et la police nationale. |
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L’IMAGE DE LA SEMAINE |  | JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE » | A l’Assemblée nationale, la reprise est difficile après trois semaines de trêve parlementaire pendant les élections municipales, en mars. Loin d’avoir rechargé les batteries, cette coupure a plutôt lancé le compte à rebours de la fin de cette législature d’ici à 2027. « On va être dans une sorte de gestion des affaires courantes pendant un an », souffle un cadre du bloc central, sans cacher son peu d’enthousiasme face aux mois à venir au Palais-Bourbon. Le calendrier parlementaire s’annonce encore incertain, avec une Assemblée sans majorité. Dans chaque camp, les esprits sont davantage tournés vers l’élection présidentielle à venir, mais aussi vers les législatives qui suivront, plutôt que sur les textes à faire passer d’ici à la fin du quinquennat. « Il y a un vrai essoufflement post-budget et maintenant post-municipales, reconnaît un conseiller de l’exécutif. Il faudra tenir compte de la mobilisation. Cela signifie que l’on n’arrivera peut-être pas à faire passer des textes qui ont une majorité fragile. » Lire le décryptage : A l’Assemblée nationale, un calendrier parlementaire contraint et une motivation des députés au plus bas |
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LE CHIFFRE |
58 % C’est le taux de redressement parmi les foyers disposant d’un patrimoine immobilier d’au moins 1,3 million d’euros et ne payant aucun impôt sur le revenu contrôlés par le fisc, ces trois dernières années. « Oui, c’est [un taux] très important », a reconnu Sophie Maillard, cheffe du département des études et statistiques fiscales au sein de la direction générale des finances publiques, mercredi 1er avril. Elle était interrogée par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’imposition des plus riches. La haut fonctionnaire a aussi confirmé qu’en 2024 quelque 13 335 foyers soumis à l’impôt sur la fortune immobilière n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu. Des chiffres rendus publics après les propos d’Eric Lombard, l’ancien ministre de l’économie et des finances de François Bayrou, qui avait déclaré, en janvier, dans les colonnes de Libération, que « des milliers » de grandes fortunes françaises n’acquittaient pas d’impôt sur le revenu, parce qu’elles avaient « un revenu fiscal de référence de zéro ». Lire le décryptage : Redressements fiscaux en rafale chez les riches qui ne paient pas d’impôt sur le revenu |
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LA PHRASE « C’est une allégeance au marinisme, à un souverainisme réduit à sa pure dimension symbolique » Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l’extrême droite, à propos des élus Rassemblement national qui ont retiré le drapeau européen du fronton de leur mairie. Carcassonne, Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), Harnes (Pas-de-Calais), Canohès (Pyrénées-Orientales)… Quelques jours après leur prise de fonction, des maires Rassemblement national (RN) se sont fait remarquer en retirant le drapeau européen de leur hôtel de ville. Leur geste a froissé les identitaires, défenseurs d’une conception civilisationnelle, blanche et chrétienne de l’Europe – le drapeau s’inspirant, d’après Marion Maréchal, « des 12 étoiles de la couronne de la Vierge Marie ». Mais il renvoie à l’obsession antieuropéenne de Marine Le Pen, tempérée depuis 2017, faute de débouché électoral. « C’est une allégeance au marinisme, à un souverainisme réduit à sa pure dimension symbolique », analyse l’historien spécialiste de l’extrême droite Nicolas Lebourg. Lire le décryptage : Des mairies RN retirent le drapeau européen : l’extrême droite se divise sur la question du souverainisme |
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LE DÉCRYPTAGE  ENTRETIEN Marc Lazar, historien : « La grande force du national-populisme est de répondre à une colère sociale par un récit mobilisateur »Dans un entretien au « Monde », le chercheur revient sur les enseignements de l’accession au pouvoir des « nationaux-populistes » en Hongrie, en Italie et en Pologne, à partir d’une note coécrite pour l’Institut Montaigne. Julie Carriat Lire l’article  |
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LA SEMAINE POLITIQUE  DÉCRYPTAGE Entre des polémiques sur les nuances et des couacs visibles, l’organisation des élections se dégrade-t-elle en France ?Le scrutin des 15 et 22 mars a représenté un véritable défi logistique pour les services de l’Etat, notamment pour le ministère de l’intérieur et ses préfectures. Si la machine est rodée, quelques dysfonctionnements sont toutefois à relever. Les moyens alloués à l’organisation des élections suscitent aussi des interrogations. Lire l’article  |
 DÉCRYPTAGE Sébastien Lecornu cultive la discrétion, occupé à se montrer « utile » à un an de la présidentielleLe premier ministre défend l’idée d’un gouvernement qui peut encore obtenir des résultats, en dépit de l’absence de majorité et de la course à l’Elysée, qui a déjà démarré. Lire l’article  |
 DÉCRYPTAGE Politicae, l’institut de formation des maires financé par Pierre-Edouard Stérin, obtient un maigre bilan à l’issue des municipalesLe projet du milliardaire, qui visait à présenter des milliers de candidats de droite et d’extrême droite et faire élire la moitié d’entre eux, ne paraît pas avoir été couronné de succès lors des élections en mars. Lire l’article  |
 DÉCRYPTAGE Au sein de la gauche non-mélenchoniste, la désignation d’un candidat commun accentue les divisionsBoris Vallaud, président des députés socialistes à l’Assemblée nationale, a posé un ultimatum au premier secrétaire Olivier Faure qui n’est pas opposé à l’idée d’une primaire organisée à l’automne. Lire l’article  |
 DÉCRYPTAGE Présidentielle : chez LR, une tribune répond à une autre au sujet du candidat unique de la droite et du centreLe président des Républicains, Bruno Retailleau, a écrit, mardi 31 mars, pour répondre à l’initiative des 90 parlementaires, dont 25 LR. « Le temps n’est plus aux synthèses molles », critique celui qui cherche à se démarquer du « macronisme » quand d’autres dans son parti se montrent plus pragmatiques. Lire l’article  |
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L’AGENDA |
Mercredi 8 avril Conseil des ministres. Actualisation de la loi de programmation militaire. Budget 2027. Réunion convoquée par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), avec les présidents des groupes politiques, pour modifier certaines procédures d’examen. Jeudi 9 avril Social. Séance finale des négociations paritaires sur les contrats courts. |
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DÉBATS ET IDÉES « Affaiblir l’audiovisuel public, c’est affaiblir les conditions mêmes du débat démocratique » Nathalie Sonnac, Economiste des médias, de la culture et du numérique | Alors que l’extrême droite veut privatiser Radio France et France Télévisions, Nathalie Sonnac, spécialiste de l’économie des médias, rappelle, dans une tribune au « Monde », le rôle de levier économique de l’audiovisuel public et propose une réforme ambitieuse. | Lire l’article  |
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L’AUTRE SUJET DE LA SEMAINE Nucléaire iranien : la menace d’un régime radicalisé et lancé dans une course vers la bombe DÉCRYPTAGE|Donald Trump semble envisager de mettre fin à la guerre contre Téhéran sans régler la question du nucléaire. Or, loin d’avoir mis fin aux ambitions de la République islamique, le conflit a rendu plus opaque encore son programme nucléaire et attisé la volonté de ses nouveaux dirigeants de se doter de l’arme atomique. | Claire Gatinois, Louis Imbert | Article réservé aux abonnés
|  | Des maquettes de missiles iraniens exposées devant le musée de la défense, à Téhéran, le 31 mars 2026. AFP | Donald Trump n’a que faire de la « poussière nucléaire », qui dort sous plus d’une centaine de mètres de roche près d’Ispahan, en Iran. Le président américain a affirmé ne plus se soucier du stock d’uranium hautement enrichi (à 60 %) par le régime, dans un entretien à l’agence Reuters, mercredi 1er avril. Jusqu’à récemment, il ne cessait pourtant d’envisager à voix haute de dépêcher des centaines de forces spéciales, dans un raid au sol, pour s’emparer de ce trésor, au cœur du programme nucléaire iranien à possible dimension militaire. Désormais, il balaye ce risque : « C’est si profondément sous terre que ça m’importe peu », assure-t-il. | Lire la suite  |
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